Voix dans le leadership • 7 MIN DE LECTURE
Cinq ans de travail à distance : ce qu’il m’a appris sur la culture
JUN 5, 2026
Une responsable des personnes revient sur ce que les cinq dernières années de travail distribué ont changé de façon permanente dans sa manière de penser la culture d’entreprise.
La culture n’est pas le bureau
La chose la plus importante que j’ai apprise, c’est que la culture ne se trouve pas dans un bâtiment. Avant la pandémie, je vous aurais dit que le temps passé en présentiel était essentiel à la culture : les conversations informelles, les expériences partagées, la proximité physique qui crée la confiance. J’avais partiellement raison sur le mécanisme, mais totalement tort sur la conclusion. La culture n’est pas créée par le fait d’être dans la même pièce ; elle est créée par des valeurs partagées, des comportements cohérents et des interactions répétées. Cela peut se produire dans n’importe quel format, si vous le concevez intentionnellement.
Ce que nous avons dû remplacer délibérément
Quand nous sommes passés au télétravail, nous avons perdu une grande partie des liens informels qui se créaient auparavant par hasard : les discussions à la machine à café, le déjeuner où quelqu’un partageait quelque chose de personnel, l’observation d’un collègue gérant une situation difficile avec grâce. Dans un bureau physique, cela se produit sans effort organisationnel. À distance, il faut les remplacer par une conception intentionnelle : temps sociaux structurés, mentorat par les pairs, points réguliers des managers avec une vraie question sur le bien-être, rituels d’équipe virtuels. Les organisations qui ont eu du mal avec la culture à distance étaient celles qui attendaient qu’elle se crée naturellement.
Les changements irréversibles
Trois choses ont changé durablement dans ma façon de diriger. Premièrement, je conçois désormais chaque processus pour une participation asynchrone par défaut, et non pour une participation synchrone avec un accès à distance ajouté après coup. Deuxièmement, j’écris beaucoup plus qu’avant : dans une organisation distribuée, la culture vit dans la communication écrite, et la qualité de cette écriture façonne la qualité de la culture. Troisièmement, je prends le biais de proximité beaucoup plus au sérieux qu’avant, car j’ai vu son effet sur les évaluations de performance, les promotions et l’attribution des opportunités lorsque certains collègues sont toujours physiquement présents et d’autres non.












































